Il y a chez certains hommes une manière de se tenir en retrait qui dissimule mal l’intensité de ce qu’ils portent en eux. Alexis Feret est de ceux-là. Il se définit simplement comme « métallo », avec cette sobriété propre aux gens du Nord. Pourtant, dans le silence de son atelier de Cappelle-en-Pévèle, l’acier change de nature sous ses mains.
Son parcours n’a rien de linéaire. Un accident de la vie l’oblige à revoir sa trajectoire alors qu’il est encore très jeune. Là où d’autres auraient renoncé, il choisit d’apprendre. Il se forme chez les Compagnons du Devoir à Lille et découvre dans le métal une discipline, une exigence et une liberté nouvelles. L’acier devient matière de reconstruction.
Chez lui, tout commence par l’écoute. Une idée, une envie, un besoin exprimé par le client. Escalier, verrière, garde-corps, portail, mobilier intérieur ou extérieur : il analyse la faisabilité, conseille, ajuste, puis conçoit lui-même les plans en 3D. La fabrication suit, intégralement réalisée dans son atelier. Découpe, assemblage, finitions, traitements anticorrosion, patines spécifiques. Il assure enfin la livraison, et la pose lorsque le chantier l’exige. Du premier rendez-vous à l’ouvrage final, il reste l’unique interlocuteur.


Cette maîtrise complète donne naissance à des pièces sur mesure, parfois monumentales, destinées à habiller des lieux d’exception, châteaux classés, hôtels de caractère, mais aussi à des objets plus intimes. Son fameux presse-papier, par exemple. Sous la flamme du chalumeau, l’acier se bleuit, se nuance, se patine. La couleur n’est pas ajoutée, elle naît de la matière elle-même. Chaque création signée, parfois numérotée, donne à ces objets utilitaires la valeur d’une œuvre d’exeption.
Reconnu dans les Hauts-de-France et au-delà, jusqu’en Belgique, Alexis Feret intervient aussi bien pour des aménagements architecturaux que pour du mobilier de jardin, des consoles, des tables ou des éléments de décoration. Toujours l’acier, travaillé avec précision, protégé pour durer, conçu pour traverser le temps. Il avance sans éclat tapageur, fidèle à son humilité de « métallo ». Pourtant, dans la courbe d’une rampe, la densité d’une de ses créations ou la finesse d’une patine, c’est bien un artisan d’art qui s’exprime. Un homme qui a su transformer l’épreuve en matière et la matière en signature, un grande signature, on vous l’assure !






